Traversée

Ce que je veux à l'interruption des songes
Le bouquet de fleurs séchées engoncé dans le vase de jais à épousseter
Une émanation tiède et moelleuse, comme l'arrondi en odeur et en aura, tout près de ton corps, un champ énergétique, ton frôlement m'empoigne
La promesse du bruit blanc, des onomatopées aiguës, de l'enfance gazouillante sur la terrasse d'à côté
Où faut-il que j'aille pour laisser derrière moi la lame de verre
Où faut-il que j'aille pour délaisser le rare, la simplicité d'une union des températures
Le désordre des serviettes ensablées sur le dos de la chaise de jardin éprouvée
A mes pieds la mer aux interstices de diamants
Dans ma bouche le parfum laiteux du souvenir ravalé avec force et fumées
J'ai repulpé mes courbes par la caresse du coeur, ma main vieillissante à l'emploi du dessin du déploiement
Le printemps, l'anéantissement de l'espoir, le reflet pour tout référent, pour tout tuteur, pour toute direction, le confort de l'âme mise en réserve
Pour qui le brasier ?
La contraction du muscle et le soupir, le fruit propre perlant et la grâce de la belle d'or
Je m'ouvre et je me ferme, n'acceptant au centre du foyer
Que les voeux, que la foi
L'attente d'être saisie