La Dernière fois ?
Ce texte sera le dernier que je publie ici pour un temps. Pas par lassitude, ni par retrait. Par choix. Je ne ferme pas la porte à un retour. Je ne supprime pas la possibilité d’écrire ici à nouveau. Si je reviens, ce sera pour partager des idées réellement nouvelles, des évolutions importantes, des points de bascule.
Ce blog a été, au fil du temps, un espace à la fois semi-public et semi-privé. Un déversoir maîtrisé. Avec le recul, je le vois surtout comme une empreinte d’un cerveau humain. Non pas pour dire ce qu’est un homme, mais pour y déposer des pensées sobres, des idées en cours d’élaboration, une trace de la manière dont un esprit observe et tente de comprendre depuis l’endroit exact où il se trouve alors.
Il y a eu aussi les lectures. Beaucoup. Des centaines de livres. Des accumulations qui finissent par devenir des pièges comme tant d’autres. À force de chercher, on peut aussi se perdre dans les pensées des autres. De tout cela, je n’en ai finalement gardé que quelques-uns. Cinq, peut-être. Pas parce qu’ils expliquent mieux, mais parce qu’ils résument l’essentiel.
Le temps de l’écriture brute est passé. Ce qui devait être posé l’a été. Ce qui devait émerger a émergé. Aujourd’hui, l’énergie va ailleurs. Vers l’application. Vers l’incarnation.
D’un côté, un engagement associatif simple porté avec d’autres, au sein de mespassagesdevie.org. Un espace de transmission sobre, sans logique marchande, sans promesse spectaculaire, destiné à rendre plus lisibles certains passages de vie. Rien de thérapeutique au sens classique. Rien de réparateur. Juste un cadre clair, accessible, pour éviter que des femmes et des hommes paient trop cher, émotionnellement ou financièrement, ce qui aurait pu être compris plus tôt.
Et puis, de l’autre côté, une ouverture plus silencieuse. Le mouvement naturel de ce qui recommence à circuler. Des visages qui n’ont pas encore de nom. Rien à construire à tout prix. Rien à prouver. Juste un espace qui s’est dégagé. Assez large pour accueillir. Assez calme pour laisser venir. Pour la première fois depuis longtemps, je n’avance plus en me protégeant. Et c’est tant mieux ainsi…