Mes Passages de Vie

La nouvelle est arrivée simplement. Pas directement par une enveloppe ouverte machinalement, mais par un message. Quelques mots, posés avec sobriété. Elle m’annonçait que la préfecture venait de valider officiellement la création de l’association “Mes Passages de Vie”. Le projet prenait une existence administrative. Il sortait du carnet, du tête à tête intérieur, pour entrer dans le réel.

Ma très chère amie s’occupe de tout ce que je ne sais pas aimer. Les formulaires, les délais, les allers retours silencieux avec l’administration. Ce travail de l’ombre qui demande rigueur, patience et persévérance. Ce n’est pas rien. Sans ce socle, rien ne tient. Sans ce cadre, les idées restent des intentions. Cette validation est aussi la reconnaissance de ce travail discret, constant, engagé.

Sur le plan formel, c’est un courrier classique. Quelques lignes. Une date. Une confirmation. Mais pour moi, ce moment ne parle pas d’administration. Il parle d’incarnation. Mes Passages de Vie n’est plus seulement une intuition ou une architecture intérieure patiemment construite. C’est désormais une association reconnue, un cadre posé, une porte ouverte.

Ce projet est né d’une évidence vécue. Nous traversons tous des passages décisifs et nous sommes étonnamment seuls pour les traverser. Séparations, deuils, parentalité, adolescence, ruptures intérieures, changements de cap. On nous apprend à tenir, à avancer, à produire. Rarement à ralentir, à comprendre ce qui se défait, à déposer ce qui pèse. J’ai vu trop de gens se perdre non pas par manque de volonté, mais par manque d’espace.

Mes Passages de Vie n’a pas vocation à réparer ni à guider dans un sens vertical. Ce n’est pas une méthode et encore moins une promesse. C’est une association pensée comme un lieu de traversée consciente. Un espace de débats où l’on peut mettre des mots sans être réduit à une étiquette. Où l’on peut penser ensemble ce qui vacille. Où l’expérience humaine reprend une place centrale, sans jargon inutile.

La validation de la préfecture marque un seuil clair. Jusqu’ici, ce projet était porté par mon histoire, mes réflexions, mes propres passages. Il était aussi soutenu, structuré, rendu possible par une présence fidèle et engagée. À partir de maintenant, il devient partageable. Il devient collectif. Il accepte d’être rencontré, questionné, transformé par d’autres trajectoires que les nôtres.

Quand j’ai reçu la nouvelle, je n’ai pas ressenti d’euphorie. Plutôt une forme de calme dense. Comme lorsque quelque chose trouve enfin sa juste place. Mes Passages de Vie existe désormais officiellement. Le projet prend vie. Et avec lui, l’engagement de le faire grandir sans le trahir. Ensemble.