je ne travaille plus et écris le reste du temps

Quoi ? [9/100]

Je ne réponds pas et puis j'esquive, comme j'évite les gens dans le métro, c'est à dire sans grâce ni assurance, juste un rappel que je ne vois que par fragments. Vos corps forment des interrogations et je ne sais rien vous dire à part que vous êtes si beaux et si étranges. Les bras secs et les jambes molles, les pas des parisiens sont toujours un peu tordus. C'est une flexion supplémentaire qui arrive juste avant de toucher le sol, juste exprès pour ne pas le toucher.

Moi le sol je le ramasse et j'en fais des chemins, des milliers de chemins. On se regarde tous et on ne sait plus où aller alors la réponse c'est partout, partout. Quand tu me dis : fais ce que tu veux, je réponds que je sais pas. je réponds : les gens hébergent des continents, des plaques qui se rencontrent et qui ne rendent compte, jamais. on critique pas la terre de gronder, on constate, chose simple, qu'on n'a pas prié les bons dieux.

Mon père me dit : dans une forêt tu sens qu'il y a autre chose que la forêt. je me dis : dans le métro je sens d'autres choses que le métro, je sens des histoires, du sang et des rats — quand je les croise je leur dit rien, nos vies se croisent, puis les nôtres aussi. tu n'es pas un rat, tu ne touches pas le sol. et c'est toi qui pose la question, toujours la même et moi je répète, perroquet sans la couleur, quoi ? tu veux faire quoi ?

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