je ne travaille plus et écris le reste du temps

sylvia plath & faisan mort

image d'un faisan peint

Je cherche désespérément le poème de Sylvia Plath où elle parle d'un faisan.
Je vois une nature morte fumante. La mort qui glisse entre les plumes colorées de l'animal. L'odeur de chair appétissante, autour un décor bourgeois et apaisant. Une nappe brodée. Des détails faits mains un peu partout.

Je cherche cette scène. Le poème n'est ni dans Ariel, ni dans le recueil acheté au hasard, quand le nom de Sylvia Plath sonnait à mon oreille comme celui de Virginia Woolf. Un prénom d'eau avec un nom de feu.

J'ai longtemps rêvé Sylvia Plath avant de la lire.
Maintenant que je l'ai lu, je la cherche.

Je n'ai pas pu imaginer la scène du faisan mort. Je me souviens de mon sentiment : être invitée quelque part à manger du faisan – une bourgeoise Sylvia Plath ? Forcément, je me reprends. Forcément une bourgeoise. Qui peut prendre le temps d’écrire des textes qui ne se vendent pas ?

Je cherche le faisan mort et je vois plein d'éclats de la vie de Sylvia Plath. C'est lumineux, comme des vagues qui s'écrasent sur une falaise. C'est obscur, comme des vagues qui s'écrasent sur une falaise. Il y a peu de quotidien, contrairement à ce que j'imaginais (une poétesse, morte dans sa cuisine, forcément le quotidien).

L'image se dérobe et je me dis : j'ai inventé ce faisan, ou alors c'est quelqu'un d'autre. Je confonds, avec cet esprit embrumé qui mélange les noms et ne garde que des images.

On me dit que la maladie fait ça. D'ordinaire, je retiens les dates, les noms. En ce moment, tout s'écoule dans mon esprit. Cascade de rien.

J'attends que ça passe et j'imagine
les mots qui accompagnent
l'image du faisan mort.

#poesie