JOURNAL
4 septembre 2025
Je me mets en pause.
Mon supérieur en théorie
– parce que en réalité il n'a aucune autorité sur moi –
ne m'aime pas parce que je fais ce que je veux comme je veux, et lui il croit que j'abuse de mon nom, il est furieux, il déteste les aristos. Il a pas tort mais je cherche pas à lui expliquer rien c’est un pauvre con je l’emmerde.
* * *
Alors la rencontre avec le banquier d'abord.
A. lui donne sa carte de visite du ministère toute neuve elle l’a eue lundi, n'empêche que ça en impose, le mec ouvre des yeux plus ronds que les miens.
Il commence son baratin mais ma princesse l’interrompt et lui sort qu’on a le capitalisme en horreur et qu'on méprise totalement l'idée que le fric serve à gagner de la tune sans rien foutre sur le dos de ceux qui bossent pour des clous.
On ne veut pas placer notre tune pour un yen.
Il faut qu’il nous ouvre un compte commun et compte tenu que la banque de toute façon va faire du fric avec le nôtre on veut pas que ça nous coûte un centime, pas un de plus, faut nous arranger ça, on va faire deux donations à deux organisations humanitaires qui nous tiennent à cœur et le reste on s'en servira pour travailler et se loger et s'il en reste on claquera tout… non monsieur, rien pour nos vieux jours.
L'autre il transpirait déjà en roulant des yeux qui lui sortaient de la tête, mais il a le respect du fric dans le sang, il a plus osé rien dire que oui madame bien madame comme veut madame, on a obtenu tout ce qu’on voulait.
Il était absolument furieux mais fermait sa gueule comme un chien lâche devant un qui gueule plus fort que lui.
Nous on est sorties très fières de nous et à la réflexion on l'est toujours.