Les notes du laptop, par NEKO

En arrivant de Nara, pour passer quelques jours de repos dans la vieille maison de vacances de ma tante, je remarquai que la maison d’en face, que j’avais toujours connue inoccupée, avait les cloisons tirées. Cette ancienne maison traditionnelle disposait d’un jardin sur le devant et surtout d’un grand jardin paysage sur l’arrière, qui s’étendait jusqu’à la forêt.
Au moment où je poussais le portillon de chez ma tante, une voix de femme me salua, plutôt cérémonieusement, me forçant à me retourner. Vêtue d’un ravissant yukata bleu foncé à motifs d’éventails rouge et blanc, une très jolie jeune femme sortait de ce jardin. Aussitôt ses yeux m’ont fascinée : très fendus, leur teinte incertaine changeait du presque jaune au noir profond, son sourire était ravissant.
Elle se présenta comme une étudiante venue faire l’inventaire de la flore de la forêt.
Comme je m’excusais de devoir ouvrir la maison pour l’aérer, elle se proposa de m’aider. J’étais encore fatiguée du voyage, et la proposition était faite avec tellement de grâce et de spontanéité, j’acceptai. J’avoue que j’étais sous le charme, elle me plaisait beaucoup, nous devions avoir à peu près le même âge et la perspective de passer ces vacances avec pareil voisinage me plaisait vraiment : j’aime les femmes, dois-je le préciser ?
Nous avons vite fait connaissance, j’avais l’impression de lui plaire également, mais la nuit tombait, nous nous sommes séparées sur la promesse de nous revoir le lendemain.
Je passai une nuit pénible, troublée, vers la fin de la nuit un orage avait éclaté, la chaleur et le bruit rendant tout sommeil impossible, je me levais.
De l’autre côté de la rue, aucune lumière, ma jolie voisine ne semblait pas, elle, souffrir d’insomnie.
Je passai une journée de paresse, seule, allongée sur la terrasse de la pièce d’entrée, je me sentais merveilleusement détendue après le stress des examens, j’avais passé un yukata léger mais je serais volontiers restée nue si je n’avais craint une visite soudaine.
Ma jolie voisine apparut en fin de journée, aussi fraîche et gracieuse que la veille, vêtue élégamment d’un nouveau yukata, blanc aux motifs de vagues bleues que fermait un merveilleux obi ancien rose et or. Elle ne semblait pas, comme moi, porter de sous-vêtement, il faisait encore extrêmement chaud.
Nous bavardions depuis un moment quand, brusquement, du dos de la main, elle me caressa la joue en souriant, puis, se levant, elle me proposa de visiter le jardin. Son geste m’avait surprise mais peut-être aussi n’attendais-je que ça ? Je la suivis docilement, sa main si douce m’avait jeté comme un charme…
Ce jardin, quoique manifestement sans soin depuis des années restait magnifique, planté d’érables et de différentes variétés de prunus et cerisiers d’ornements, au fond, bordé par une extraordinaire rangée d’ormes énormes. Au pied de l’un d’eux, sur le côté, j’aperçus un terrier qui semblait fraîchement creusé, l’entrée en était inhabituellement large. Comme je lui faisais remarquer, elle haussa les épaules « sans doute un renard, il y en a beaucoup je crois, par ici »…
Nous nous quittâmes en fin d’après-midi, elle m’avait pris les mains et me regardant droit dans les yeux, de son regard incroyable, d’une voix soudain sérieuse « nous nous reverrons n’est-ce-pas ? »
Je ne comprenais pas pourquoi tant de sérieux dans cette question banale, « bien sûr nous nous reverrions le lendemain et les jours suivants », elle eut alors un sourire incroyablement malicieux et se retournant vivement repartit au jardin.

La nuit étant encore très chaude, je me couchais nue, le mauvais sommeil de la veille aidant, je m’endormis presque aussitôt.
Vers le milieu de la nuit m’arrive un rêve très fort.
Je suis dans un lieu obscur, allongée sur le dos, nue, je suis attachée de sorte que mes jambes sont écartées tandis que mes bras sont tirés en arrière. Je ne sens pas de liens, je n’ai pas mal, comme s’il s’agissait seulement de m’empêcher de bouger. Je sens alors sur mon sexe un frôlement d’une grande douceur, comme de poils très doux et longs, puis la face d’un renard s’approche de mes seins, la petite langue aigüe commence à les lécher, progressivement ensuite de petites dents mordillent mes mamelons qui se dressent aussitôt, je suis très sensible des seins, pendant ce temps je sens de légères griffures sur mon ventre, puis sur tout mon corps tandis que les caresses sur le sexe atteignent un sommet, je me tords, je me cambre, je pleure de plaisir, un premier orgasme me tend comme un arc, l’excitation augmente encore, j’ai perdu toute notion de temps, après une montée de plaisir intense un deuxième orgasme d’une violence terrible m’arrache une longue plainte…
Je me réveille brusquement, en sueur, mon sexe est mouillé, le jour dehors commence à colorer de rose les écrans de papier des fenêtres, mon cœur bat à un rythme fou. Je n’ai jamais connu plaisir comparable ni orgasme aussi fort.

#mercrediFiction