JOURNAL
13 novembre 2025
Mais pourquoi je me souviens de ma #mamy maintenant ?
– vous avez bien une idée non ?
La psy avait un grand sourire, elle me dit :
Vous allez vite
ralentissez un peu, vous allez vous faire du mal, mais si vous le supportez... vous avez un tempérament violent mais faites attention à vous. Ménagez vous.
Oui je sais.
Ma grand-mère a été internée dans un camp de prisonniers,
comme moi
et elle est revenue
je m'identifie à elle.
J'ai appelé mon frère.
Il a les papiers de ma (notre) mamy
Il n’a jamais regardé ces deux cahiers.
Il va regarder s’il y a des choses qui pourraient me servir...
Dès mon arrivée dans la secte ça a commencé.
C'était la nuit j'étais abrutie on m’avait droguée pour que je ne cause pas d'ennuis pendant le voyage.
Au premier arrêt j’avais essayé de me sauver déjà et dans le bateau aussi.
C’est une femme qui m'a accueillie.
Elle ma forcée à me dévêtir, tout enlever, puis m'a poussée dans une salle de douche. C'était froid ça m'a salement réveillée.
J'ai râlé.
Alors elle m'a frappée direct avec une baguette, d'abord les jambes puis une pluie de coups. J'étais marquée de rouge.
Elle m'a donné un samue gris genre celui des nonnes bouddhistes
mais on ne m'a pas tondue.
Quand mes cheveux dont devenus longs on me les a coupés sur la nuque.
Pas de sous-vêtements, et au lit dans un placard sans lumière.
Par terre un matelas très mince roulé et une couette encore plus mince, juste la place de dérouler le futon.
Un petit éclat de lumière dans la porte, une ouverture pour me surveiller.
Ma première nuit dans la secte je me suis endormie tard juste un peu avant qu'on me réveille et c'était mon premier jour. J'ai vu les autres filles vêtues pareil, on a eu un vague déjeuner sous la surveillance d’un type, interdit de parler.
Un peu de riz dans beaucoup d'eau.
Avec ça au boulot, ramasser le bois en bûches pour le refendre, je regardais déjà comment me sauver de là, en même temps j'étais sidérée de ce qui arrivait.
Avec les filles on communiquait par signe, on chuchotait quand on pouvait le faire sans risque.
J'étais la plus jeune, les autres entre 17 et 19 ans.
Plus tard le chef de la secte m'a expliqué que mon père m'avait mis là pour soigner mon exaltation et mes idées délirantes, que ça se passerait bien si j'étais docile et que je respectais les règles.
Les règles, c'était simple : interdit interdit et interdit
J'ai vite compris qu’ils avaient tous les droits sur moi et moi aucun sauf me taire et faire ce qu’on me disait sans hésiter.
Il y a plein de sectes au Japon, parfois délirantes.
La police laisse faire tant qu’il n’y a pas de scandale.
Celle-ci était importante et très riche.
Le village voisin en tirait un gros profit et donc personne ne trouvait à critiquer. Officiellement c'était une espèce de fondation pour soigner les troubles nerveux de filles envoyées par leur famille.
On m'a dit qu’en France il n’y a pas si longtemps ça existait aussi géré par des bonnes sœurs, on y mettait des mineures “difficiles”.