Les notes du laptop, par NEKO

JOURNAL
27 décembre 2025
#auberge

C'est l'heure silencieuse, tous se sont retirés dans leurs chambres ou au onsen.
On est là dans la grande salle , on a fini de nettoyer et ranger
dans la bonne odeur des braises du irori qui finissent de se consumer.
On l'avait allumé ce soir, un peu pour le plaisir, un peu pour la marmite suspendue au jizaikagi (crochet) avec le merveilleux bouillon d'algues au poisson qui se gardait chaud.
Les clients adorent, et nous aussi, malgré la fumée qui pique un peu les yeux, comme il y a longtemps, et l'odeur du riz dans toute la pièce.

Pendant le repas on était au temps des poètes et des artistes errants du ukiyo de edo.
Je peux pas m'empêcher alors de penser à mes ancêtres pas si lointains de cette époque : femmes joueuses de shamisen ou de koto, fines et cultivées, mariées trop jeunes et sans leur consentement à des seigneurs brutaux, virilistes et abusifs pour qui la vie humaine avait si peu de prix et celle des femmes particulièrement.

Ce soir je regarde ma princesse finir son bol de bouillon tranquillement, ses cheveux nimbés d'un halo d'or par la dernière lampe murale qui éloigne comme elle peu l'obscurité, de là-bas, au fond.
Tout à l'heure nous irons au onsen dans la neige avant de nous glisser délicieusement sous nos couettes épaisses dans le silence absolu de la nuit, troublé seulement soudain par le bruit étouffé d'un paquet de neige tombé d'une branche.
Demain si le temps le permet nous monterons dans la forêt pour regarder de haut la beauté du monde tout blanc.