Les notes du laptop, par NEKO

JOURNAL
6 novembre 2025

Alors j’ai rencontré un spécialiste du stress post-traumatique, il est même spécialisé dans les traumatismes de guerre.
On a eu un entretien de 1h30 ! Puis avec A encore 30 minutes et encore une heure avant de partir.
Alors grosse surprise il me dit que je suis capable de parler de ce qui m’est arrivé, de tout décrire en détails sans rien cacher etc. je suis capable d’objectiver, il me dit, mais vous êtes guérie vos cauchemars
s´espacent ils vont disparaître complètement. Il a dit à A qu’on avait fait tout le travail, après c'est le temps qui va régler faut pas être trop pressées surtout après des traumatismes majeurs qui s’en prennent à l'intégrité physique et morale
Mais il y a un autre problème qui remonte à l'enfance et qui n'a fait que s'aggraver et c’est l’origine de mes hallucinations la nuit quand s'exprime mon inconscient et mon corps qui est pas content ( je traduis avec mon vocabulaire).
Depuis loin dans mon enfance, sans doute à partir de la mort de maman et la formation au sabre avec mon frère je nie la douleur physique, pourtant elle est là mon corps l'a enregistrée et il la ressort maintenant que l'autre problème est réglé.
J'ai eu mal j’ai reçu des coups je me suis infligée des blessures j’ai eu froid et faim, j’ai nié le froid au point de risquer de geler dans la neige, j’ai nié la douleur au point de me brûler en souriant avec une cigarette, j’ai reconnu les blessures morales mais pas les blessures physiques et je continue.
Les tests sont catégoriques je n’ai pas d'atteintes neuronales,
alors il va me faire suivre par une assistante des séances une fois par semaine tous les jeudis, plus tard ce sera plus espacé pour me remettre en ordre par rapport à mon corps, j’ai accepté mon image grâce à mes amis mais j’accepte pas sa vulnérabilité littéralement j’accepte pas la matérialité de mon corps.
Il va falloir me faire prendre conscience et me réconcilier avec lui,
ça il me dit ça s’est renforcé par mon passage de l'adolescence dans la secte, j’ai complètement refusé mon corps à ce moment-là, et pour lui c’est aussi l’origine de mes problèmes de règles. Vivre avec A les a régulées parce quelle me sert de modèle mais le problème à la base c’est bien mon refus de l'existence physique par la négation de la douleur.
Voilà.
Je ne suis pas folle, juste un peu tordue par la vie et surtout par mon enfance.
Je n'en veux pas à mon frère, il ne savait pas ce qu'il provoquait il était lui-même sous l'emprise d'une idéologie viriliste mais ça a démarré avec l´interdiction de me plaindre, plus tard j'ai même perdu la possibilité de pleurer...
On est dans le métro on rentre.
J'ai un gros poids en moins sur les épaules et sur le cœur.
Je suis contente aussi d'avoir quand même réussi à me libérer seule enfin grâce à la patience et l’amour de A et ici votre patience à me lire
avoir d'avoir réussi à écrire ce qu'on m'a fait m'a délivrée, c'est vrai que je fais pratiquement plus de cauchemars depuis que j’ai entrepris de raconter tout. Je ne raconterai jamais absolument tout parce que cest dégueulasse et je veux pas en rajouter, mais ça ne m'est pas nécessaire l'important c’est que je sois capable de l'évoquer.
Voilà.
Je vous remercie pour votre soutien tous vos messages d'amitié et d'affection et votre patience vous m'avez énormément aidée dans le processus de guérison.
Je suis confiante dans l'avenir, je crois que avec laide de la médecine je vais me débarrasser de mes hallucinations nocturnes maintenant que la cause est identifiée.
C'est dingue comme ces questionnaires vous percent en si peu de temps mais il paraît que c’est pas rare, mon truc est bien répertorié,
je suis donc un cas banal et ça ne me dérange pas .