Les notes du laptop, par NEKO

JOURNAL
16 décembre 2025
Introspection

C’est revenu le temps du kotatsu : ma princesse et son laptop,
moi les coudes autour d’un bouquin (je tiens ma tête les coudes sur la table).
On a baissé la lampe pour être bien éclairées, A porte des lunettes pour travailler, elle ne veut pas que je me fatigue les yeux.
On a mis les hanten doublés
Ça c’est le décor.

Dans ma tête c’est moins clair
J'ai plus eu de cauchemar depuis je sais pas et plus d’hallucinations non plus. Je me sens beaucoup plus stable, plus tranquille.
Je m'endors sans crainte.

Mes psys me disent que je n'ai pas fini.
Je veux bien le croire, puisque je n’arrive pas à en parler avec mon frère, pourtant je crois que mon interprétation est juste, alors qu'est-ce qui ne va encore pas?
C'est vrai j’ai reçu ces coups et ces brimades comme une preuve d'intérêt alors que je me croyais inexistante.
J'en ai même été fière.
C’est dingue hein ? C’est vrai.
J’ai fait plus que supporter, j'ai aimé ça.
Je trimbalais mes marques comme des médailles, j'étais fière de savoir endurer.

Dans le hokkaido ils ne m’ont jamais sorti un cri, peut-être des gémissements que j'arrivais à étouffer. C'était comme un défi.
Quand on m'a violée je n’ai pas pu retenir des larmes, mais pas un son, je le sais, on m'a forcée à voir les vidéos ignobles, ils me traitaient de petite salope, petite arrogante, petite aristo de merde.
Ils me tiraient les cheveux.
Ça les mettait en rage, et moi pas un son et je baissais pas les yeux.
Ils devenaient fous, je recevais des gifles, des raclées, ils me jetaient par terre…
Bref
Alors quoi maintenant, qu'est-ce qui manque ?
Qu'est-ce qui est enfoui si profondément que je ne vois rien ressortir,
pas un indice.
Mes psys semblent avoir une idée mais peut-être bien qu'ils bluffent,
je suis seule en face de cette question.
Pourquoi je n’ose pas en parler à mon frère ?
Pourquoi je n’ose pas de lui dire que j'ai aimé sa tyrannie violente ?
Pour pas perdre mon statut de victime héroïque ?
— Tu parles comme je m'en fous
Je ne comprends pas
Je ne vois pas où est le point.
Ma chérie ne peut plus rien pour m'aider, bien qu'elle voudrait tellement.
Personne ne peut plus rien.
C'est entre moi et moi,
merde alors.