Les notes du laptop, par NEKO

JOURNAL
17 novembre 2025

À mesure que j’avance dans ma mémoire reviennent des choses des douleurs que je préférerais pas sentir revenir.
Puis-je en parler ici ?
C’est la question qui me préoccupe depuis des jours, depuis que j'ai commencé ce travail en fait
Est ce que c’est intéressant ?
Est ce que le dire, dire des choses aussi intimes et aussi humiliantes est-ce que ça peut servir ?
Me servir ?
Me libérer ?
Oui, je pense que ça peut me libérer, le dire publiquement peut me libérer

Alors voilà.
Il y avait dans la secte un membre qui me haïssait.
Il était en charge de nous surveiller en extérieur quand je me suis évadée la première fois.
Il avait été puni et rétrogradé dans la hiérarchie compliquée de leur organisation,
c’est lui qui m'avait fouettée ensuite et il y était allé avec entrain, ensuite il ne me manquait jamais.
Cette fois-là j'avais à ramasser des rames de soja, il était derrière moi à me pousser pour que j'aille plus vite, au bout d’un moment j’en ai eu assez et je me suis redressée et j’ai tout envoyé balader. C'était plus fort que moi, alors il a eu ce méchant sourire qu’il m’avait fait avant de me frapper il me prend par le poignet je me dégage d’un coup et je me mets en garde prête à me battre.
Il y avait d’autres gars pas loin, il les appelle et à eux cinq ils me maîtrisent.
J’avais dix-sept ans, très amaigrie déjà, et mal nourrie, ils étaient cinq sous la direction de ce salaud, ils me couchent par terre et enlèvent ma culotte.
Je passe les ricanements, je pouvais toujours gigoter, je ne pouvais pas me libérer, un gars normalement nourri sur chacun de mes membres je pouvais même pas mordre ils me tordaient les bras à les déboîter.
Alors tranquillement ce salopard me viole avec un piment.
J'ai les larmes qui me viennent au souvenir de la brûlure qui vient.
C’est affreux.
L'impression d'avoir le feu au sexe, le feu à l'intérieur.
Je me mords les lèvres jusqu'au sang je ne leur ai pas fait le plaisir d’un cri d’un gémissement, mais Je croyais que j’allais mourir brûlée de l'intérieur.
Ils me lâchent en s'écartant, je me retourne sur le ventre en me tenant le sexe à deux mains.
Ils m'ont laissée pour regarder de loin au bout d'un temps infini j’ai senti que ça se calmait un peu,
j’avais fait pipi.
Un coup de pied dans le côté m'a remise debout et j'ai dû me remettre au travail, et le soir j’ai été punie pour ne pas avoir ramassé assez de légumes.
La brûlure n'a vraiment disparu qu’au bout de plusieurs jours, elle se réveillait à chaque fois que je faisais pipi ;
j’aurais préféré ne pas avoir à évoquer ça
c’est une des pires choses qu’ils m'aient fait là-bas, cette douleur-là je la sens encore quand je l'évoque.
Cette scène aussi elle revient dans mes cauchemars, j'en avais jamais parlé parce que je la trouve dégueulasse.
On dirait qu’il faut que je revienne sur tout sans rien épargner puisque ces souvenirs s'imposent à moi.
Je crois quand même que c’est dans la secte qu'on m'a imposé les pires choses que j’ai jamais connues, pourtant mon problème remonte à avant, bien avant probablement et il faudra que je remonte toute la pente jusqu'au début, mais quand même je me demande si je n’aurai pas fait déjà le plus pénible, bien que je sache que tout au fond se cachent des démons féroces, ceux qui ont hanté ma petite enfance et m’ont sans doute terrorisée assez pour que je m’invente ce bouton marche-arrêt de la perception de mon corps.
Il y a quelque chose je le sais du côté de mes premières règles aussi, et je pense de ma prise de conscience toute petite alors de ma différence avec les garçons et l’insignifiance de ma personne qui en découlait, ça a dû se faire très tôt puisque aussi loin que je me souvienne je me considérais moi-même comme un être de seconde zone
3 ans ? 4 ?
À l'école c’est ce que je ressentais déjà j’étais étonnée que des étrangers c’est-à-dire autres que ma maman et ma mamy, donc mes professeurs pouvaient s’intéresser tellement à moi qu'ils m'adressaient la parole et me posaient des questions, j'allais jusque me sentir d’une espèce différente des autres petites filles...

#douleur #secte